Au revoir l’été… et photo de classe – Salade de papayes vertes aux crevettes marinées et Salade Soleil

Eh bien ça y est, l’automne est là, sans aucun doute… Et il se rappelle à nous sans équivoques.
L’époque des températures vraiment frisquouillettes qui vous surprennent le matin…
L’époque où lumière qui baisse commence à avoir raison de notre bronzage de l’été…
L’époque des poux dans la tête, et de l’odeur de la lavande…

Et surtout, l’époque de la photo de classe….

Ma première photo de classe en tant que maîtresse a été une vraie émotion. Je me rappelle avoir vraiment eu un doute quand le photographe a dit:
« Bon, et la maîtresse, elle se met à gauche. »
« … Hein? ..Qui?.. Moi?? »
Ben oui, c’était bien à moi qu’il parlait.
J’étais devenue la maîtresse.
Et je me rappelle avoir eu un vrai pincement au coeur en voyant mes élèves, mes tout premiers, prendre place face à l’objectif, se faire tout sages, tout beaux…
Cette douce émotion, je la retrouve intacte, année après année, à chaque nouvelle génération d’enfants…
Les filles au premier rang qui croisent joliment leurs gambettes maigrelettes, qui arrangent les plis de leur jupes, qui réfrènent leur fou rire…
Les garçons qui lissent leur mèche rebelle, certains même se lèchent la main, un peu, pour que ça tienne mieux; d’autres au contraire s’ébouriffent savamment en rigolant parce qu’ils sont quand même un peu gênés de montrer leur coquetterie; tous en tout cas se tiennent bien droits, et gonflent leur petite poitrine de futurs pompiers, astronautes, pilotes de chasse, footballeurs professionnels…

Et moi, à côté… Je me rappelle d’une petite brunette bronzée, aux cheveux tout raides, avec une frange toute droite coupée par sa maman, qui posait pour la photo, assise sur le premier banc parce qu’elle était toute petite et fluette… « Maman, quand je s’rai grande, je s’rai maîtresse! »
Ca doit donc vouloir dire que je suis grande?

Salade de papaye verte aux crevettes marinées pour garder encore un peu l’été et se rappeller que c’est bien, d’être grande…
La veille
: – Décortiquer quelques crevettes crues (garder les queues), les fendre et ôter la veine.
– Les mettre à mariner dans du jus de citron vert. Les crevettes cuisent plus lentement que le poisson, il peut être utile de les retourner de temps en temps, voire de rajouter du citron vert.

– Ouvrir une papaye verte de taille moyenne en deux, retirer les graines rondes et blanches (les graines deviennent noires lorsque la papaye est mûre: si elles le sont, c’est que votre papaye est trop mûre, gardez la pour le dessert!).
– Eplucher la papaye et la râper.
– Eplucher et râper deux ou trois carottes, couper une belle tomate en petits cubes (la mienne n’était pas belle et peu goûteuse… on ne la voit presque pas, et pourtant elle y est!!).
– Mélanger les trois légumes, et assaisonner de citron vert, une pointe de vinaigre, poivre et de la sauce Nuoc Mam (sinon, une vinaigrette bien salée et citronnée fait l’affaire!).
– Servir bien frais avec les crevettes bien égouttées.
Et voilà!

Salade toute simple pleine de soleil (s’en souvenir  en plein hiver pour narguer la grisaille)

– Mélanger des restes de riz au citron et curcuma avec des olives, tomates, thon, germes de soja, maïs etc…
selon les goûts et les envies!
– Assaisonner avec une vinaigrette à l’huile d’olive et au citron.
– Servir bien frais.

Et voilà!

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Bounia de l’Île des Pins

Bougna_poulet___cocotte

… Enfin, presque de l’île des Pins…
Le bounia est une spécialité Mélanésienne, à base de légumes du pays (ignames, maniocs, patates douces, bananes, taros), auquels on ajoute dans l’idéal une belle langouste (:-P), ou un poulet, du poisson…
Ce plat est préparé dans un paquet fait de feuilles de bananiers (encore elles), et est cuit à l’étouffée dans un four creusé dans le sol, tapissé de pierres brûlantes.

Ce plat prend un grand temps de préparation (c’est pour ça que si on veut déguster un bon bounia dans un gîte, il faut réserver à l’avance, surtout pour un bounia de langoustes!!! car elles sont pêchées à la demande…).

C’est pourquoi la recette que je vous livre aujourd’hui ne nécessite pas de creuser un énorme trou dans son jardin, ni de dépouiller les arbres de son jardin de toutes leurs branches pour en couvrir le feu… (je pense à vous, sympa, non??)

Recette du fantastique Bounia Marmite, qui est presqu’aussi bon que si on le dégustait au bord de l’eau sous les palmiers…

Pour 4/6 personnes, il vous faut: 2 belles feuilles de bananier, 1 bel igname,1 beau manioc, 1 ou 2 taros, 1 ou 2 patates douces, 2 belles bananes plantains mûres (attention, pas vertes), 1 poulet coupé en morceaux, 1 ou 2 boîtes de lait de coco (les courageux feront leur lait eux-mêmes!), du sel, du poivre,  quelques oignons verts, de la poudre de curry,une tige de citronnelle (ces deux derniers ingrédients sont des rajouts de votre serviteuse).
L_gumes_du_bounia

De gauche à droite: des feuilles de bananier, 1 manioc, 2 patates douces, 1 taro, 1 banane plantain mûre, 1 noix de coco pour le lait… (je vous épargne la photo de la boîte de lait si vous choisissez cette option…;-))

Oui, bien remarqué, je n’ai pas mis d’ignames car il n’y en avait pas…

Tous ces légumes sont à éplucher (prenez un couteau bien costaud, pas un économe de ménagère, car le manioc a le caractère bien trempé des gens des îles… y s’laisse pas faire comme ça!), et à couper en rondelles pas trop fines.

Allons-y à présent pour une recette super fastoche:Bougna_poulet___pr_paration_1
1- Tapisser une cocotte allant au four des feuilles de bananier, en prenant soin de laisser les feuilles bien déborder tout autour pour pouvoir les replier et fermer le bounia.
2- Déposer au fond les légumes les plus durs: manioc, taro, igname, patate douce (dans cet ordre).
3- Déposer les morceaux de poulet, recouverts des rondelles de bananes, de quelques oignons verts, et de la tige de citronnelle.
4- Assaisonner le lait de coco (sel, poivre, curry… ne pas hésiter sur le sel, le lait de coco est fade sinon), puis le verser sur le poulet.
5- Refermer le bounia.
6- Enfourner dans le four préchauffé à 180° et laisser cuire une petite heure.
7- Si besoin au cours de la cuisson, baisser la température (si le lait de coco qui a un peu suinté commence à brûler).

Et voilà!
Bougna_poulet___pr_paration_2 Bougna_poulet___pr_paration_3

Les odeurs qui s’échappent du bounia lorsqu’on l’ouvre sont tout simplement divines…
Le mieux est de servir tel quel, en posant la marmite sur la table, mais on peut évidemment faire une jolie présentation à l’assiette, en découpant délicatement des morceaux de feuilles de bananier pour en tapisser les assiettes.

Bougna_poulet___cocotte_2 ou Bougna_poulet___assiette_2 ?
Grâce à la cuisson à l’étouffée dans les feuilles de bananier, tout ça est merveilleusement onctueux, parfumé et moëlleux…
J’ai servi accompagné de frites de manioc (quelques rondelles gardées de côté, passées 1 minutes à l’eau bouillante, puis frites et bien salées…. Maman, qu’est-ce que c’est bon!!)
Cela donne donc: des légumes doux, imbibés de lait de coco, fondants, des bananes subtilement sucrées, un poulet tendre à souhait, et des frites de manioc croustillantes et bien salées…

6456371LE BONHEUR…. Les îles qui viennent à vous!!
On dit merci qui??
En plus, on trouve de plus en plus facilement tous ces ingrédients en hypermarchés… A part peut-être les feuilles de bananiers… Je pense que cette recette peut se réaliser sans, directement dans la cocotte… Le parfum et la saveur seront légèrement différents, et il faudra bien surveiller la cuisson afin que le lait de coco ne brûle pas, mais le régal sera tout de même au rendez-vous!

Pour celles et ceux qui veulent voir un vrai bounia sortir du four (;-), faites un tour sur mon blog du Caillou.
PS: Celat, si ton Doudou rêve du pays, emmène le faire un tour, et faites comme chez vous!

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BLOG APPETIT #9 – Filets de sardines et tomates cerises confites version Pacifique Sud

 

La dernière édition de Blog Appétit m’avait laissée toute rêveuse… « Aahhh, ohhh », des fraises et des asperges, partout… Enfin, partout chez les autres, car je ne me sentais pas de taille…
Cette édition, je me lance, surtout qu’avec les kilos de tomates que mon voisin m’a donnés, il y avait une petite voix en moi qui disait « Eh ben, il te manque plus que les sardines… ».
Alors ni une ni deux, j’ai décidé de me mettre au boulot (tiens, ça me changera…) et d’envoyer Doudou m’acheter une douzaine de sardines.
Oui mais voilà, mon Doudou d’amour, tout novice qu’il est en demande de sardines à la poissonière, me les a ramenées, sourire aux lèvres et très fier d’avoir participé au concours, lui aussi…

« Mais, mais… Mais Doudou!!! Tu lui as pas demandé de les vider???!!! » (Vous avez senti la panique dans ma voix? C’est normal…)
« Mais… Elle aurait pu me le proposer quand même! »
Mon cher Doudou, tout naïf, qui croit que la gentille dame va lui proposer de vider ses sardines alors qu’il y a une queue de 203 mètres devant son étal…
« Ben c’est simple, c’est toi qui t’y colles! » (Oui, la honte sur moi, mais c’est ce que j’ai dit…)
Et il l’a fait…


Mais bien sûr, j’ai été obligée de repasser derrière, en éloignant le plus possible les bestioles de mon nez, et en fermant à moitié les yeux (encore une fois, je m’avère être la honte de mon île natale… les vraies filles des îles ne font pas tant de chichis avec les poissons…).
Et, en essayant de retirer quelques arêtes, quelle ne fut pas ma surprise! Toute l’arête centrale, accompagnée de ses filoutes de copines gratouilleuses de gorge, m’est restée dans les doigts! Et je me suis retrouvée avec à la main une arête digne des meilleurs cartoons! (vous savez, quand le chat a un squelette de poisson qui lui sort de la bouche alors qu’il dit « Un poisson? Quel poisson? J’ai pas mangé de poisson… »)
Et voilà comment j’ai découvert que je savais lever les filets de la sardine!
Ni une ni deux, j’ai mis mes filets à mariner, et j’ai farfouillé dans mes placards et mon frigo pour savoir à quelle sauce j’allais les manger.

Et j’ai trouvé: du lait de coco, de la coriandre fraîche, les petites tomates cerises de mon voisin, du gingembre, ail/oignon, du citron vert, et des feuilles de bananier.
Les feuilles de bananiers, j’avoue, c’est pas souvent que j’en ai dans mon frigo, mais depuis mon retour du Caillou, je m’obstine à tout faire « Comme là-bas, dis! ». En l’occurence, ça tombait fort bien!

Filets de sardines aux tomates cerises confites en papillotes de feuilles de bananier.
– Faire mariner les filets de sardines dans du jus de citron vert, 1 càs d’huile, un tour de moulin de poivre 5 baies.
– Découper les tomates cerises en deux, les mettre dans un plat alllant au four, les arroser d’1 peu d’huile d’olive. Les mettre dans le four préchauffé à 150°, et les laisser confire doucement (si besoin, baisser la T° pour ne pas qu’elles brûlent.
– Pendant ce temps, faire caraméliser quelques rondelles d’oignons dans une poêle, avec 1 càc d’huile et 2 càc de sucre de canne.
– Etaler des feuilles de bananiers sur votre plan de travail (pour les assouplir un peu, les passer quelques secondes sur une flamme assez vive… les odeurs du Pacifique sont déjà dans votre cuisine…)
– Essuyer les filets de sardines légèrement, les disposer sur les feuilles de bananiers (on peut refermer les filets, ou les laisser ouverts).
– Déposer dessus: les oignons caramélisés, quelques tomates confites, 1 ou 2 rondelles de citron vert, du gingembre râpé.
– Arroser généreusement de lait de coco.
– Replier la papillote (c’est le moment un peu « Faut pas que j’ménerve« , car la feuille de bananier est un peu susceptible). La fermer à l’aide d’une brochette en bois.


Si on ne s’énerve pas, ça donne un petit paquet bien sympathique, que l’on glisse dans une cocotte allant au four à 200°, pendant environ 10 minutes 1/4 d’heure.

– Au moment de servir, découper le dessus de la papillote avec un couteau bien tranchant et sans dents.
Retirer la rondelle de citron cuite, et la remplacer par une fraîche.
– Parsemer le poisson de coriandre fraîche, et ajouter une lichette de lait de coco (un peu du lait s’est échappé pendant la cuisson, c’est normal et ça n’enlève rien au goût).
– Poser la papillote directement dans l’assiette (elle est si jolie et surtout, on s’est donné tellement de mal …)

Et voilà!
J’ai servi avec du riz gluant (j’adore ça), et bien entendu du piment!
Je n’en ai pas proposé à ma fille aînée (sa meilleure copine dormait à la maison, elles avaient choisi « Penne à la carbonara »!), mais ma cadette a vite flairé les odeurs délicieuses qui s’échappaient de ma cocotte.
« Nan, moi z’veux pas des pâtes, z’veux ça, là… »
Elle s’est léché ses moustaches de p’tit chat, et en a même redemandé!
Quant à Doudou, qui n’aime les sardines que bien grillées au barbecue et recouvertes d’une sauce vinaigre/échalottes, il a eu un sourire de contentement qui disait:
« Après l’effort, le réconfort« .
Autant vous dire que cette recette, messieurs mesdames, c’est bien à lui que vous la devez!! 😉

Dernière chose: pour ceux qui n’ont pas d’épicerie asiatique à portée de pieds, ou qui n’ont pas du tout envie de se lancer dans l’aventure « feuilles de bananier récalcitrantes », allez, ne faites pas la tête, j’ai pensé à vous!
D’abord, évidemment cette recette doit aussi marcher dans une classique papillote en alu (le goût particulier de la feuille en moins, mais les autres saveurs valent le coup à elles seules!)
On peut d’ailleurs très bien faire une papillote en alu, et simplement glisser dedans une feuille de bananier pour parfumer.

Voici la version « Sans papillote », j’ai simplement fait revenir mes deux derniers filets de sardines marinés à la poêle, en les badigeonnant d’un peu de gingembre. Puis je les ai déposés sur mon riz, et j’ai refait tout pareil: oignons, lait de coco, coriandre fraîche. Il ne manque que les tomates confites (j’en n’avais plus!), et c’est dommage car c’est vraiment meilleur avec!!
Moralité, la prochaine fois, j’en ferai plus… et je les mettrai dans un bocal pour en avoir un petit temps sous la main (elles étaient déjà délicieusement sucrées crues, alors confites, je ne vous dis pas…)

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Ustensile étrange et conséquences: mon Poé Tahitien

Laissez-moi tout d’abord vous présenter l’une des premières choses que j’ai achetées en arrivant en Calédonie…
Mon plan originel était de piquer celle de ma mémé, mais pas moyen de la lui piquer discrètement, elle s’en sert trop souvent! Damned… Direction centre ville, mais surtout pas les belles boutiques design pour cuistot branché… Je mets le cap sur Chinatown et ses boutiques fourre-tout… Il faut en faire plusieurs, je ne trouve pas tout de suite, je m’énerve, je commence à jurer avec les mots de là-bas (« Lôngin de lôngin, awa cé pa possib’!« ) Et tout à coup, ça y est… Bingo!! Elle est là!

Inutile de vous dire qu’elle m’a causé quelques petits soucis à l’aéroport…
« Mais qu’est-ce qu’elle a donc dans ces valises, cette souillon? (oui, au retour c’est encore moins bien rangé qu’à l’aller). Elle a pas une tête de terroriste! Bon sang de bois, mais c’est un instrument de torture ou quoi?? Qu’est qu’on fait, on appelle le chef?? »
Messieurs les douaniers du monde entier, nul besoin d’appeler Interpol, parfois les filles qui ramènent des choses à dents pointues dans leurs valises ne sont que des cuisinières à qui il manquait vraiment…
UNE RÂPE à COCO!!
Ben oui, z’avez déjà essayé de râper une coco ronde avec une râpe plate, vous??

Bon, alors ça marche comme ça:

On s’asseoit sur le manche, on casse la coco en deux (important, ça, faut pas oublier! ;-)) et c’est parti!
(Le premier qui rigole parce que j’ai gardé mes chaussettes avec mes claquettes sort tout de suite!! Mince, c’était l’hiver, à Nouméa…)


Et voilà! Avec un effort minime, des bouts de doigts intacts et aucun bout de peau brune dans le saladier, voilà le résultat!

Miam… Avec ça, on peut se pamoiser d’aise en accomodant de toutes les manières imaginables (ou ne pas se pamoiser d’aise si on s’appelle Mamina ou Alhya! 😉
Mais on peut aussi se confectionner soit même un lait de coco du tonnerre!
Etapes fastoches à suivre:
1- Mouiller la coco râpée avec de l’eau chaude.
2- Laisser trempouiller un peu.
3- Presser la coco et récupérer le lait.
Les mélanésiennes qui font leur lait pour le bounia ne s’embêtent pas et pressent tout ça au dessus du plat, sans se soucier des petits morceaux qui tombent, mais si on veut un lait sans morceaux du tout, voilà une manière facile de procéder:

1-Tapisser un saladier d’un torchon fin bien propre.
2- Verser la coco imbibée d’eau chaude.
3- relever les coins du torchon et bien presser pour extraire tout le lait.

Si vous vous demandez quelle quantité d’eau mettre exactement, et bien en fait le mieux est de commencer avec peu d’eau (un grand verre pour une demi-coco), et d’en rajouter un peu au fur et à mesure, jusqu’à ce que le lait ne soit plus très blanc, mais légèrement translucide.

Et voilà le résultat!
Miam…
PS: lorsqu’on presse très fort la coco dans le torchon, on extrait une sorte de crème très épaisse et très grasse (oui, quand on fait son lait soi-même, on se rend compte que le lait de coco, c’est gras, c’est très gras!!)… On peut la garder, en refroidissant elle se solidifie et devient une sorte de beurre… Et hop! une lichette sur les lèvres pour faire comme les vahinés!
PS 2: si on laisse « reposer » un peu, une crème assez épaisse remonte à la surface: c’est ça qu’on appelle la crème de coco, nécessaire dans certaines recettes (moi j’utilise toujours le lait en entier…)

Bon, c’est pas tout, mais il est l’heure de la recette, et je commencerai par une recette tahitienne dont les calédoniens sont très friands (…a jamais mis les pieds à Tahiti, en fait…), et que je promets à Persillade depuis des mois… (et qui devrait convenir à Belleblé aussi!)

Recette du Poé tahitien à la papaye
1- Evider puis éplucher une belle papaye bien mûre.
2- La couper en dés, et la faire cuire avec une lichette de sucre et une larme d’eau. Il faut qu’elle commence à « compoter » un peu.
3- Lorsque la papaye est cuite, ajouter de la farine de manioc (deux fois moins que de fruits), 3 càs de sucre de canne, bien mélanger en écrasant les morceaux de fruits qui pourraient rester.
4- Ajouter une goutte de rhum (vieux agricole de Martinique, c’est le top) et les graines d’1/2 gousse de vanille.
5- Mettre cette purée dans un plat beurré (ou huilé) allant au four (on peut si on le souhaite parsemer des petits morceaux de beurre dessus).
6- Faire cuire à 180° pendant au moins 15-20minutes.
7- Lorsque le poé est cuit, on peut soit le verser cuillère par cuillère dans un bol de lait de coco, soit verser directement le lait dans le plat (c’est l’option que j’ai choisie).
Et voilà! déguster bien chaud!

Le poé se conserve bien 1 jour ou 2 au réfrigérateur, recouvert d’alu ou de cello. On peut le réchauffer quelques secondes au micro-ondes. Les tahitiens le mangent comme dessert mais aussi comme accompagnement avec tous les plats, dont la salade tahitienne.

J’ai fait cette version à la papaye car c’est la version traditionnelle, mais à vrai dire je ne raffole pas de la papaye! (ben alors, c’est quoi cette fille des îles??). On peut aussi faire cette recette avec de la banane (délicieuzissime, mais sucrer un peu moins!), ou avec de la citrouille (ma version préférée!).
Evidemment, on n’est pas obligé de faire son lait soi même!! Le lait de coco de cuisine en boîte est parfait!! (qui a fait « ouff!! »??)

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Salade Tahitienne

Aujourd’hui: pluie, vent , grisaille… :-(( J’veux du soleil!! Je ne me laisse pas abattre, et je prépare un plat qui me donne chaud au coeur: la salade tahitienne de Maman. Je n’ai jamais mis les pieds à Tahiti, mais on en mange beaucoup en Nouvelle Calédonie (pas mal de Tahitiens et donc de leur folklore). Cette salade, c’est les dimanches de mon enfance, quand Maman m’amenait à la plage: elle s’arrêtait à l’épicerie du coin, achetait 2 nems chauds, 1 barquette de salade, et on partait vaillament, toutes les deux, elle toute pleine de ses préoccupations d’adulte, moi inconsciente de la chance que j’avais d’être née sur cette belle île du Pacifique.
Je suis une incurable nostalgique, il faut que j’arrête: recette, donc!
En Calédonie, j’utiliserais du poisson perroquet, ou du thon blanc, ou encore du vivanneau, mais en France, des filets de lieu jaune ou du merlu font l’affaire. La dorade aussi est délicieuse, très fine, mais plus chère évidemment  (il paraît que c’est délicieux avec du saumon, mais là je crois sur parole un métropolitain qui me l’a dit ^^) : l’important c’est d’avoir un poisson à chair suffisamment ferme pour qu’elle ne se déchire pas pendant la phase de marinade).
Le poisson est coupé en cubes et mis à mariner dans du citron vert pendant toute une nuit (il doit être quasimment couvert de jus de citron). Très vite, la chair commence à blanchir, et le lendemain, le poisson est totalement cuit par le citron.
Si vous préférez un poisson encore légèrement cru, deux heures de marinade suffisent…
Il faut alors jeter la marinade et bien essorer le poisson.
Couper en julienne deux carottes, un demi concombre, et les  laisser dégorger dans un chinois, avec un peu de sel. Emincer très finement une échalotte, couper 2 tomates en petits dés et ciseler quelques brins de ciboulette.
Lorsque les légumes ont rendu un peu de leur eau, mettre dans un saladier: les cubes de poisson, tous les légumes, la ciboulette, une boîte de lait de coco. Ajouter une tige de citronnelle, ou bien 2 feuilles de combava, bien saler et poivrer. Assaisonner avec du jus de citron vert.
On peut servir cette salade avec un sambal soyo (sauce soja + sucre + piment rouge écrasé), mais cela gâche un peu le bon goût de lait de coco.
A Nouméa, on met aussi dans la salade des oeufs durs coupés en cubes, mais perso je n’en mets jamais…

Et voilà!

Hummm… Ce serait meilleur sur la plage de la Baie des Citrons, mais en France, il y a un truc qui manque à Nouméa: du pain de folie! Prévoyez-en beaucoup pour saucer le lait de coco, c’est à tomber à la renverse!! ( Nous qui n’avons presque jamais de pain à la maison, on en mange quasi une baguette entière!)

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Flan de patates douces

Cette recette a fait un tabac auprès de ma louloute n°2 (presque 4 ans), ce qui m’a rendue bien sûr super fièrotte (c’est bien la fille à sa maman, qui aime les recettes du caillou, etc…).
La raison de ce succès: c’est tellement sucré qu’il suffit d’y rajouter une cuillère de sucre vanillé et hop! C’est un dessert! (C’est le cas de la plupart des légumes là-bas, que ce soit la papaye, le manioc, taro ou autres…)
J’ai fait cuire mes patates douces dix minutes à la vapeur, puis je les ai mixées encore chaudes avec 2 càs de lait de coco, 1 de crème fleurette, 2 oeufs entiers, sel/poivre. Ensuite, j’ai enfourné à 180° pour un bon quart d’heure et… voilà!
Il ne me restait plus qu’à aviser d’un air inquiet l’air dubitatif de mes filles, puis me regaler de la mine gourmande de ma cadette: « Moi zaim les patates douss' ». Le bonheur? C’est ma gosse qui parle la bouche pleine!

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