Pastels – beignets de poisson à la mode sénégalaise

 

Cette petite recette absolument terrible, je l’ai savourée pour la première fois dans le désert de Lompoul, au nord du Sénégal. Nous étions accroupis sous une tente berbère, et nous ne savions pas encore que nous attendait une incroyable rencontre avec des villageois Peuls… que nous ferions une balade sur une plage interminable, avec des enfants du coin qui me tendraient en guise de cadeau un criquet attrapé dans le creux d’un tronc d’arbre…
Moi qui suis insectophobe, j’ai attrapé la bête comme si elle était le plus précieux des cadeaux, et ai éprouvé un incroyable plaisir à sentir ses pattes gigoter dans ma paume…
Voir la tête surprise des gosses et leur sourire immense qui disait
« T’as vu la toubab ?? »
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Sortie d’Esprit Métis n°6 – Thiep bou dien pour tout le monde !!!!

Ouh, mais c’est que c’est un peu poussièreux par ici…

Pas de musique, pas d’odeurs alléchantes ?? Allons, allons, un peu de couleur et de saveurs pour remettre tout ça en ordre !

Faisons chanter les casseroles, résonner les mortiers, crisser les couteaux affutés ! Ecoutons glouglouter la sauce dans la cocotte, grogner les ventres affamés, tinter les cuillères qui s’entrechoquent !
Nom d’un boubou en batik, le numéro 6 d’Esprit Métis (en stencil) sort ce week-end ! Il nous emmène vers le Sénégal et son hospitalité légendaire.. ça va nous faire du bien, au milieu de toute cette pluie et de tout ce brouillard … et MY GOSH !!! il va déchirer, et ce sera la moindre des choses car ça a été un boulot de tous les diables, je vous le dis !

Pour les Bordelais, rendez-vous à la Victoire toute la journée de samedi… ou alors sur le site, où vous trouverez les noms des partenaires où l’obtenir, sur Bordeaux ou Toulouse.  Pour les autres, et je pense aux Parisiens qui m’ont envoyé pas mal de mails pour la sortie du 5 sur le Japon… ben on peut s’arranger ! :-)

Pour fêter cela, et remercier comme il se doit l’équipe fantastique qui bosse sur ce projet, j’ai sorti le gros plat collectif, et c’est parti pour un Thiep Bou Dien* et bien plus encore !

(*pour ceux qui suivent, oui, je ne suis partie en vacances au Sénégal que pour ce numéro, en gros je me suis sacrifiée pour ce projet qui me tient à coeur, pour pouvoir fournir une recette authentique… ;-) )

Le Thiep Bou Dien* de N’deye, dont je ne suis toujours pas remise !
Le Thiep de N’deye, le Magnifique, le Somptueux, le Délicieux…

Pour 6 personnes
* littéralement, en wolof, thiep bou dien signifie « riz au poisson »

600g de poisson (là bas du thioff ou mieux: de la carpe rouge ! mais ici 3 beaux merlus font l’affaire)  – 500g de riz cassé  deux fois – légumes à volonté : carottes, navets, patates douces, manioc, gombos, aubergine, aubergines d’Afrique, 1 piment antillais, ¼ de chou vert encore attaché – 2 bouillons cubes  – 1 boîte de concentré de tomate – 1 poisson séché (que l’on peut trouver dans les épiceries africaines)- A morceau de yet (poulpe séché : oui, je sais, ça ne se trouve pas partout !!! :-) Au pire, faites comme moi, n’en mettez pas…)

Pour la farce du poisson: 3 gousses d’ail, 1 cuillère à café de grains de poivre noirs, 2 piments séchés, 2 bouillons cube, 1 oignon coupé en petits morceaux.

- Mettre tous les ingrédients de la farce pour le poisson dans un mortier, et piler.
- Couper les poissons en gros tronçons, puis avec un couteau fin, faire des trous dans la chair, près de l’arête (comme un tunnel). Farcir ce trou avec la préparation aux oignons.
- Dans une grosse marmite, faire frire le poisson farci dans suffisamment d’huile, puis quand il est bien doré, le retirer et réserver. Oter les restes de peau de poisson, mais ne pas laver la cocotte.
- Dans la même cocotte, ajouter 2 cuillères à soupe d’huile, et y faire revenir l’oignon.
- Diluer  les 2 bouillons cubes restants et le concentré de tomate dans un litre d’eau tiède, puis verser dans la cocotte.
- Saler, sucrer légèrement, mettre à cuire les légumes et le poisson séché dans ce bouillon à la tomate.
- Laisser mijoter à couvert environ ½ heure.

- Pendant ce temps, bien nettoyer le riz, jusqu’à ce que l’eau de rinçage soit claire. Le mettre à cuire à la vapeur 15 mn.
- Lorsque les légumes sont presque cuits, rajouter le poisson en tronçons et poursuivre la cuisson 10 minutes.
- A la fin de la cuisson, ôter le merlu, le poisson séché et les légumes et réserver, au chaud si possible. Arroser les légumes d’une ou deux louches de bouillon.
- Bien filtrer le reste de bouillon dans la cocotte, puis y mettre le riz à cuire, à petit feu, pendant environ 20 minutes.
- Lorsque le riz a absorbé tout le bouillon, éteindre le feu et servir !

Pour faire comme là-bas, disposez tout dans un plat unique: le riz, les légumes et le poisson par-dessus.
Déguster tous ensemble, à l’aide d’une cuillère à soupe.

Manger ensemble, réunis autour d’un seul plat.
C’est une expérience que nous devrions tenter plus souvent. Partager, pas de « MON assiette, MON pain, MA viande »…
Se respecter, même si l’autre n’est pas parfait, s’il a des défauts qui parfois nous insupportent !

Essayer de tout notre coeur de ne pas être volontairement insultant, blessant, irrespectueux…
Vous êtes en train de vous dire « Ouais, elle part en Afrique 10 jours et elle revient illuminée…  » Peut-être, en effet, mais franchement, quand
des enfants meurent de faim au Mali, au Niger, au Soudan, que tant d’autres au Sénégal font la quête dans la rue pour un bout de pain ou un sou, et n’iront jamais à l’école, la moindre des choses que nous puissions faire ici, où nous ne manquons de rien, est de nous comporter de façon décente.

Folon… the past : du magnifique Salif Keita (Malien albinos … qui ne pouvait devenir griot)

Si la blogosphère culinaire est souvent synonyme d’échange et de convivialité, je me dis quand même que parfois il y a certaines choses qui ne tournent vraiment pas rond !
Rendons-nous compte !! Nous postons des recettes sur internet ! Nous cuisinons, nous mangeons à notre faim, souvent trop ! Ce serait vraiment obscène de se voler dans les plumes pour savoir lequel d’entre nous le fait le mieux…


L’oeuvre originale : le thiep de N’deye… Béatitude… Djeredief encore, N’deye !

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Cuisine sénégalaise : les produits

Je n’ai pas encore une une parfaite connaissance des produits utilisés dans la cuisine sénégalaise, mais ce petit billet pourra servir à certains, j’en suis sûre…

Il sera complété au fil de mes expérimentations culinaires, qui je l’espère seront enrichies lors de prochains voyages, et grâce peut-être à vos commentaires !

Ne vous formalisez pas si une explication vous semble incomplète : j’apprends…

Les produits.
Le court-bouillon. Au Sénégal, le bouillon-cube utilisé est le célèbre Jumbo, une marque locale qui se vend à l’unité dans les marchés pour un achat quotidien peu cher, et qui se bat contre le géant international dont je tairais le nom, car il est assez défendu comme ça par d’autres ! ;-) . Il existe plusieurs parfums de Jumbo, selon la recette: Jumbo crevettes, poulet, oignon, tomates… En France, un bouillon cube classique fait l’affaire, bien entendu…
Alors d’accord, ce n’est pas un ingrédient très glamour, mais pourtant le court-bouillon me semble être LE produit incontournable si on veut que sa recette ait un goût « de là-bas »…

L’aubergine africaine

Aussi appelée diakhatou en Wolof. Son goût est très amer, ce qui la rend assez désagréable à manger, et pour tout vous dire je ne la mange pas ! Elle est surtout là pour donner du goût à la sauce. Même si les deux produits ne sont pas identiques au goût, on peut la remplacer par une aubergine classique, qui elle se mange ! :-) .

On la retrouve dans le mafé (clic!), le thiep bou dienn, et de nombreux autres plats à base de poisson, comme le caldou.

A Bordeaux, j’ai trouvé des diakhatous à Eurasie, mais il faut être patient, c’est assez rare.

Les gombos

Aussi appelés okras, ou kagne. Petits légumes verts ressemblants vaguement par l’aspect à des cornichons, ils dégagent une substance très gluante quand on les coupe.

Ecrasés en pâte, ajouter aux plats en sauce, ils épaississent la sauce et lui donnent bon goût, comme dans le maté de boeuf. Les combos peuvent aussi être servis comme légumes, dans le Thiep bou dien (riz au poisson) par exemple, et sont dans ce cas-là laissés entiers. On peut aussi en faire des sauces à part entière.

Là encore, chez Eurasie, pas de souci, mais aussi chez Ly Kim Hak (près du marché des Capus mais aussi avenue Thiers), juste après la place Stalingrad. Vous aurez des chances de les payer moins cher ! On en trouvera aussi autour des Capucins ou de la place saint Michel, dans les épiceries africaines ou indiennes.

 

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Mafé boeuf – boeuf mijoté aux cacahuètes

 

 

Ici, on ne manque de rien.
Célébrons la chance que nous avons d’être nés dans un pays sans guerres, sans famines, sans catastrophes naturelles, sans despotisme. Protégeons nos acquis, pour que jamais la marche en arrière ne nous ôte les droits élémentaires de liberté, de dignité, d’éducation, d’expression.

Merci beaucoup à N’dé, avec qui j’ai adoré cuisiner, pour cette recette fantastique… N’dé ne lira pas ces mots, car elle ne sait pas lire. Elle n’a pas eu la chance de bénéficier d’une éducation gratuite. Mais c’est un honneur pour moi de propager son immense savoir faire, au delà des limites de son petit village.
Diéré fief, N’dé ! Continuer la lecture

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Photos de vacances…

C’est fini, maintenant, retour à la vie dans le gris, la pluie, les ennuis, les amis, les lundis, les souris…
lol
Pour faire durer un peu, quelques photos avant de me remettre derrière mes fourneaux (ou du moins derrière le clavier, parce que les fourneaux n’ont pas chômé !)

 

 


Une après-midi à Gorée en excellente compagnie… Merci Dumè pour la ballade… Je t’attends par ici !
Merci Salwa aussi ! Trop court mais on reviendra… Inch’ Allah !

 

 


Oui, c’est bien un mag d’Esprit Métis que j’ai dans la main… la Présidente se sacrifie pour le numéro 6…
On est jusqu’au-boutiste ou on ne l’est pas ! lol

Et côté nourriture, c’était pas mal non plus…


Mafé boeuf… miam…


Poulet yassa… re-miam !!

 
Aaaahhhh !!! Le thiep bou dienn TERRIBLE QUI TUE !!

Et qui est-ce qui a appris à faire toutes ces recettes grâce à N’de la magicienne des tresses ??
Ouaip, c’est moi !
:-)
A suivre…

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Yassa d’espadon – faut bien que la maîtresse se calme!!

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas dans une école..
Après le grand délire du concert de fin d’année, nous revenons à nos moutons, à nos poux, à nos choux, à nos genoux… car il faut (attention phrase pleine de roulements de tambours!!) : « BOUCLER LE PROGRAMME« !!!

- Bon, je vous préviens tout de suite, les enfants, ceux qui se croient en vacances vont souffrir!! Ceux qui rêvassent à leurs journées à Arcachon vont tomber de haut!!! C’est bien simple, dorénavant, ne m’appelez plus Maîtresse, mais « Oui, Sergent Instructeur!!! » Est-ce que c’est CLAIR??!!
- Oui, maîtreeeeesse!
OK, pour le nom, on verra plus tard…

Evidemment, l’avantage de bosser avec des enfants, c’est que quand vous êtes speedés, ils vous obligent à vous despeeder, de la manière la plus efficade et radicale qui soit:
- ALors, alors, allez hop hop, hop!! La date, le titre, sauter deux lignes, trois carreaux, allez, hop, on met les verbes au futur, facile, ça, hein? On prend le radical, pour le futur c’est…?
- L’infinitiiiff!!! (y en a que 9 qui répondent qur 26, mais c’est déjà ça…)
- Et puis on n’a plus qu’à rajouter…??
- La terminaisoooon!!! (ah, j’en ai déjà perdu un, plus que 8…)
- Voilà, on pense à sortir son Mémo-Français si on a oublié ses terminaisons… On ne reste pas le nez en l’air à chercher les terminaisons au plafond, elles n’y sont pas! Allez, hein, on doit BOUCLER LE PROGRAMME!!!
Je passe entre les tables, je regarde par-dessus les épaules, j’enlève les petits avant-bras qui cachent les cahiers (« Eh bien, qu’est-ce que c’est que toutes ces ratures?? Recommence proprement… »),et là, j’arrive, au bout de dix bonnes minutes, à celui par lequel j’aurais bien évidemment dû commencer (je le sais, en plus, mais parfois, on a envie d’essayer des choses nouvelles, allez savoir pourquoi)…
- Ah… Dix minutes depuis qu’on a commencé, et toi tu n’as écrit que… quoi? … « Lu »?? Qu’est-ce que c’est, ça, « Lu »?
- Ben, « Lundi »!!
- Ah, d’accord, la date…
- Oui…
- Mais…  on est jeudi, Tristan!!
- Ah, oui….

Bon, je crois que je vais arrêter le café, et me mettre aux tisanes, moi…
Un petit Valium pour aller mieux??
Don’t worry, j’ai beaucoup mieux: un yassa de poisson!!!

Je ne m’y connais pas beaucoup en cuisine Africaine (Sénégalaise en l’occurence), en général je vais plutôt dans les petits restos près du cours Victor Hugo pour me régaler de Mafé, Tie Bou dien et autres…
Mais là j’avais vu une petite recette chez Snapulk et ses Idées Vagues, alors…

La recette est !!

J’ai utilisé de l’espadon au lieu du poulet de Pascale, ce poisson était parfait, tendre et assez ferme pour supporter la cuisson. Commentaire du Doudou:
- C’est comme le thon, ca ressemble à de la viande! J’aime!!! (soupir…)

J’ai fait une toute petite modification: j’ai laissé le poisson mariner dans le mélange de citron, moutarde, oignons, vinaigre, sel et poivre… avant la cuisson. Ensuite, au grill comme le dit Pascale, les oignons dans une sauteuse, la sauce, le poisson pré-grillé…
Hmmm, les odeurs qui s’échappent de là!!

J’ai servi avec du riz blanc, du citron vert, du piment et du achard de légumes parce que j’adore ça…
C’était un vrai régal, merci beaucoup Pascale pour cette délicieuse recette que je referai!!

Bon, allez, je vous laisse, faut que je prépare mes cours, sinon j’aurai jamais BOUCLE MON PROGRAMME!!!
(et pis la fête des mères qui approche!!! St patron des maîtresses à la bourre, ayez pitié de moi!!!)

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