Billet pour ailleurs #16 – la Freiduria Puerta de la Carne, Sevilla, España

Je vous ai délaissés longtemps, chers petits lecteurs. Veuillez m’en excuser, surtout si vous avez eu la patience de rester parmi nous malgré la newsletter un peu à côté de ses pompes qui vous a envoyé du bouillon quatre fois, au dernier billet. Cette année le maître mot pour moi sera décidément « travail », en toutes circonstances, jusqu’à pas d’heures, et peut-être pour un résultat négatif au bout. Dès que l’occasion se présente, je ne boude donc pas mon plaisir, avec un gros besoin d’affection et d’évasion.

C’est pour cela, et pour oublier toute cette eau qui ne cesse de tomber, que j’ai choisi un dimanche pour vous retrouver, et m’évader avec vous en Espagne, à Séville. Une ville somptueuse qui nous a littéralement mis dans sa poche, Doudou, les filles et moi. Tout à Séville nous a plu, tout nous a régalés, nous nous y sommes sentis tellement bien, que je souhaitais vous faire partager une des plus belles soirées que nous ayons jamais passée tous les quatre. Je sais, nous sommes chanceux, nous en avons vécues beaucoup, des belles soirées ensemble…
Venez, nous allons Puerta de la Carne, dans le quartier piéton de Santa Cruz, au coeur de Séville.

Cette freiduria (établissement où on ne fait que de la friture) nous a été conseillée au mois de juillet dernier, par notre hôte sévillane, Cristina, qui adore les croquettes au jambon et à la béchamel, les crevettes en beignet et à peu près tout le reste aussi. « Todo lo que usted podria pedir será delicioso » nous a-t-elle assuré. Si tout ce qu’on peut y commander y est forcément délicieux, alors c’est parti mon kiki ! Es partido mi kikito ! (dédicace à mon Doudou qui a passé 5 semaines à mettre des « o » et des « a » à la fin des mots, et qui nous a passablement fait rire).

Par une chaude soirée d’été (et quand je vous dis « chaude », je parle de 39 degrés à 21h), sous les parasols brumisateurs, nous entrons donc dans cette freiduria, recouverte d’azulejos, ces céramiques peintes caractéristiques du coin. Lorsque nous découvrons la carte, nous sommes bien embêtés car tout nous fait envie. Nous commandons (comme souvent lorsque nous sommes en voyage) beaucoup trop à manger, mais notre unique repas du jour (un petit déjeuner gargantuesque à base de jamón pris à 13h bien sonnées) nous autorise à faire des folies. Surtout qu’à la fin, nous payons 24 malheureux euros.

Nous nous retrouvons vite attablés face à nos nombreux cornets de papier bien gras, et Christina ne nous a pas menti : tout est delicioso !!!

Chocos : lamelles de seiche. Un peu dures, dommage, mais c’est le seul reproche à faire de tout le repas !

Adobo : du poisson blanc coupé en petits morceaux, mariné, avec un délicieux goût d’épices et de citron.

Gambas rebozadas : de belles crevettes dans un beignet parfumé au safran, croquantes et moelleuses à la fois, pas grasses pour un sou ! (normal, l’huile est sur le papier des cornets ^^)

Berenjenas : des aubergines qui arrivent dans la vitrine alors qu’on s’apprête à payer, et elles ont drôlement bien fait ! Un des légumes que j’aime le plus, depuis peu car longtemps je ne les ai pas aimées. Surtout cuites comme ça : croustillantes à l’extérieur, fondantes à l’intérieur. MIAM.

Las croquetas : au jambon (cru, et non blanc comme dans la plupart des croquetas !) et béchamel. Cristina avait raison : c’est drôlement bon.

Pour faire couler un peu, on commande un plato de tomates : elles sont parfaites, bien assaisonnées avec sel, poivre, ail et persil. Certaines sont presque vertes, d’une variété un peu croquante. Ce ne sont que des tomates, mais peut-être est-ce l’atmosphère sévillane, les rires partout autour de nous, les mots en espagnol qui résonnent sur les petites rues pavées… elles me paraissent absolument divines. :-)

En piochant quelques morceaux de citrons sur une petite table à côté de la caisse (pas de sauce, car franchement il n’y en avait pas besoin), notre regard se pose sur une ardoise qui nous propose 1 litre de rebujito pour 3€. Je demande « Mais qu’est-ce que le rebujito ? » La jeune femme derrière le comptoir m’informe que c’est un cocktail très doux, à base de manzanilla (un vin blanc espanol) et de limonade, elle dit aussi des choses que je ne comprends pas bien, mais j’entends tout de même que c’est une boisson qui fait fureur pendant la feria. Alors, bon, vous me connaissez…

C’est délicieux, très rafraîchissant, mais, heu… très doux ? En tout cas 1 litre, à deux, ça fait 500ml chacun, surtout que je n’ai pas l’intention de laisser ma part vu que c’est très bon. Je finis la soirée ronde comme une queue de pelle.

Nous picorons du bout des doigts, les filles lancent un concours de grimaces.
Quand mes derniers jours viendront et qu’on me demandera si j’ai été heureuse, que pourrai-je répondre à part : « Follement » ?

Un peu plus tard dans la soirée, une gypsie girl nous transporte un peu plus loin en Andalousie avec son flamenco et son regard de tueuse. Un mojito à la pastèque finit de me rendre très très joyeuse, et me fait oublier que je me tords les chevilles sur les pavés des ruelles. Des lézards jouent aux ombres chinoises derrière les vitres des réverbères, projetant leur silhouette sur les murs des rues étroites. A plus d’une heure du matin, il fait encore si chaud qu’on se commande une glace avant de rentrer en chantant en pseudo-espagnol.

Séville est pour moi la plus belle ville du monde. La plus belle !

À propos de Véro

Maman, maîtresse et cuisinière. Bordeaux, Java, Nouméa, tout ça dans ma cuisine ! Cuisine du monde, cuisine de grand-mère, cuisine du coeur... Bienvenue !
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14 réponses à Billet pour ailleurs #16 – la Freiduria Puerta de la Carne, Sevilla, España

  1. Doudou dit :

    Quelle belle soirée d’été et que de bons souvenirs….

  2. Que d’excellents souvenirs l’Andalousie, j’ai eu l’occasion de rester quelques semaines, pendant que ma moitié était au travail c’est un pays que j’adore !!
    Bonne soirée
    Valérie.

  3. Mon voyage en Andalousie remonte à … des années! A remettre au programme sans tarder, merci pour les bons plans…
    Bises

  4. Val dit :

    Rebujito – Grimbergen : 1 – 1 ! :-D

    Que recuerdo tan feliz !!!!

    Val !

  5. Babali dit :

    Doudou a des photos de la fin de la soirée !!

  6. Alannie dit :

    Malgré ta longue absence, il te sera beaucoup pardonné!. Je cherche une destination pour début janvier: c’est décidé ce sera Séville!
    Je vais noter avec application tous tes bons plans. Questions hébergement tu vois quelque chose à partager?
    Merci à toi
    Alannie

  7. Isabelle Revol dit :

    Magnifique!!! j’ai envie d’y aller… mais pourra t elle pour moi détrôner Nouméa, ma belle, mon ensoleillée, mon joyau cerclé de turquoise?
    A bientôt pour la crèpe coco!
    Isabelle.

  8. dotalu dit :

    Contente de te relire…

  9. Miechambo dit :

    Tes superbes photos ne font que raviver ma grande envie de partir faire un petit séjour en Andalousie. Je note tes bonnes idées de découvertes culinaires.
    Bises et bonne fin de vacances.
    Michèle

  10. gracianne dit :

    A quelqu’un qui sait si bien ecrire sur le bonheur, on pardonne tout.
    Bisous

  11. Nane dit :

    J’avais aussi adoré Séville l’année dernière, quelques jours avant Noël. Il y faisait un temps délicieusement doux. En revanche, impossible pour moi de prendre le rythme espagnol en décembre.

  12. bergeou dit :

    Quel chouette billet, tu sais comme j’ai aimé Séville.
    Et une larme coule sur ma joue en lisant cette phrase : « Quand mes derniers jours viendront et qu’on me demandera si j’ai été heureuse, que pourrai-je répondre à part : « Follement » ? »
    Mil besos guapa

  13. Andréa dit :

    aaaah Sevilla… une ville merveilleuse :)
    j’ai eu la chance de vivre à 100 kms de cette ville pendant deux ans, on y était tous les mois, d’ailleurs si tu veux mes bonnes adresses pour ta prochaine visite, les voici : http://kiyakuisine.canalblog.com/archives/2012/03/25/23690474.html
    je ne connaissais pas cette freiduria, mais je suis allergique au pescado, ceci explique cela :(
    besos desde Madrid !

  14. poutaraud dit :

    Que de merveilleux souvenirs! Et dire que l’Espagne n’était pas notre premier choix…

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