Ustensile étrange et conséquences: mon Poé Tahitien

Laissez-moi tout d’abord vous présenter l’une des premières choses que j’ai achetées en arrivant en Calédonie…
Mon plan originel était de piquer celle de ma mémé, mais pas moyen de la lui piquer discrètement, elle s’en sert trop souvent! Damned… Direction centre ville, mais surtout pas les belles boutiques design pour cuistot branché… Je mets le cap sur Chinatown et ses boutiques fourre-tout… Il faut en faire plusieurs, je ne trouve pas tout de suite, je m’énerve, je commence à jurer avec les mots de là-bas (« Lôngin de lôngin, awa cé pa possib’!« ) Et tout à coup, ça y est… Bingo!! Elle est là!

Inutile de vous dire qu’elle m’a causé quelques petits soucis à l’aéroport…
« Mais qu’est-ce qu’elle a donc dans ces valises, cette souillon? (oui, au retour c’est encore moins bien rangé qu’à l’aller). Elle a pas une tête de terroriste! Bon sang de bois, mais c’est un instrument de torture ou quoi?? Qu’est qu’on fait, on appelle le chef?? »
Messieurs les douaniers du monde entier, nul besoin d’appeler Interpol, parfois les filles qui ramènent des choses à dents pointues dans leurs valises ne sont que des cuisinières à qui il manquait vraiment…
UNE RÂPE à COCO!!
Ben oui, z’avez déjà essayé de râper une coco ronde avec une râpe plate, vous??

Bon, alors ça marche comme ça:

On s’asseoit sur le manche, on casse la coco en deux (important, ça, faut pas oublier! ;-) ) et c’est parti!
(Le premier qui rigole parce que j’ai gardé mes chaussettes avec mes claquettes sort tout de suite!! Mince, c’était l’hiver, à Nouméa…)


Et voilà! Avec un effort minime, des bouts de doigts intacts et aucun bout de peau brune dans le saladier, voilà le résultat!

Miam… Avec ça, on peut se pamoiser d’aise en accomodant de toutes les manières imaginables (ou ne pas se pamoiser d’aise si on s’appelle Mamina ou Alhya! ;-)
Mais on peut aussi se confectionner soit même un lait de coco du tonnerre!
Etapes fastoches à suivre:
1- Mouiller la coco râpée avec de l’eau chaude.
2- Laisser trempouiller un peu.
3- Presser la coco et récupérer le lait.
Les mélanésiennes qui font leur lait pour le bounia ne s’embêtent pas et pressent tout ça au dessus du plat, sans se soucier des petits morceaux qui tombent, mais si on veut un lait sans morceaux du tout, voilà une manière facile de procéder:

1-Tapisser un saladier d’un torchon fin bien propre.
2- Verser la coco imbibée d’eau chaude.
3- relever les coins du torchon et bien presser pour extraire tout le lait.

Si vous vous demandez quelle quantité d’eau mettre exactement, et bien en fait le mieux est de commencer avec peu d’eau (un grand verre pour une demi-coco), et d’en rajouter un peu au fur et à mesure, jusqu’à ce que le lait ne soit plus très blanc, mais légèrement translucide.

Et voilà le résultat!
Miam…
PS: lorsqu’on presse très fort la coco dans le torchon, on extrait une sorte de crème très épaisse et très grasse (oui, quand on fait son lait soi-même, on se rend compte que le lait de coco, c’est gras, c’est très gras!!)… On peut la garder, en refroidissant elle se solidifie et devient une sorte de beurre… Et hop! une lichette sur les lèvres pour faire comme les vahinés!
PS 2: si on laisse « reposer » un peu, une crème assez épaisse remonte à la surface: c’est ça qu’on appelle la crème de coco, nécessaire dans certaines recettes (moi j’utilise toujours le lait en entier…)

Bon, c’est pas tout, mais il est l’heure de la recette, et je commencerai par une recette tahitienne dont les calédoniens sont très friands (…a jamais mis les pieds à Tahiti, en fait…), et que je promets à Persillade depuis des mois… (et qui devrait convenir à Belleblé aussi!)

Recette du Poé tahitien à la papaye
1- Evider puis éplucher une belle papaye bien mûre.
2- La couper en dés, et la faire cuire avec une lichette de sucre et une larme d’eau. Il faut qu’elle commence à « compoter » un peu.
3- Lorsque la papaye est cuite, ajouter de la farine de manioc (deux fois moins que de fruits), 3 càs de sucre de canne, bien mélanger en écrasant les morceaux de fruits qui pourraient rester.
4- Ajouter une goutte de rhum (vieux agricole de Martinique, c’est le top) et les graines d’1/2 gousse de vanille.
5- Mettre cette purée dans un plat beurré (ou huilé) allant au four (on peut si on le souhaite parsemer des petits morceaux de beurre dessus).
6- Faire cuire à 180° pendant au moins 15-20minutes.
7- Lorsque le poé est cuit, on peut soit le verser cuillère par cuillère dans un bol de lait de coco, soit verser directement le lait dans le plat (c’est l’option que j’ai choisie).
Et voilà! déguster bien chaud!

Le poé se conserve bien 1 jour ou 2 au réfrigérateur, recouvert d’alu ou de cello. On peut le réchauffer quelques secondes au micro-ondes. Les tahitiens le mangent comme dessert mais aussi comme accompagnement avec tous les plats, dont la salade tahitienne.

J’ai fait cette version à la papaye car c’est la version traditionnelle, mais à vrai dire je ne raffole pas de la papaye! (ben alors, c’est quoi cette fille des îles??). On peut aussi faire cette recette avec de la banane (délicieuzissime, mais sucrer un peu moins!), ou avec de la citrouille (ma version préférée!).
Evidemment, on n’est pas obligé de faire son lait soi même!! Le lait de coco de cuisine en boîte est parfait!! (qui a fait « ouff!! »??)

À propos de Véro

Maman, maîtresse et cuisinière. Ce blog suit mes aventures culinaires depuis 2006. Bordeaux, Java, Nouméa, tout ça dans ma cuisine ! Cuisine du monde, cuisine de grand-mère, cuisine du coeur... Bienvenue !
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Une réponse à Ustensile étrange et conséquences: mon Poé Tahitien

  1. SICARD dit :

    EN 1952 LORSQUE JE SUIS ARRIVEE EN N.C. LA RAPE A COCO ETAIT FAITE AVEC DES LAMES DE RESSORT DE VEHICULE DANS LESQUELLES EN AVAIT FAIT DES STRIES PONTUES C’EST PLUS ECXOTIQUE NON !!!!!!

    loll

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