Okonomiyaki comme à Meguro – Billet pour ailleurs #8

J’ai goûté l’okonomiyaki pour la première fois à Meguro, un des quartiers au sud de Shibuya, Tokyo.
Nous devions retrouver un ami à Shibuya, devant Hachiko, la statue du mythique chien fidèle.
Apparemment, tous les jeunes qui se retrouvent à Shibuya se donnent rendez-vous devant ce chien, et il doit être célèbre dans le monde entier parce que tout le monde se prenait en photo devant. Rires, flash d’appareils photos, langue étrangère qui laisse tout de même transparaître la joie d’être jeune et d’avoir une soirée de fête devant soi.

L’ami que nous devions retrouver est Tokyoïte depuis quelques années. Nous ne l’avions pas revu depuis près de quatorze ans. Bizarrement, il n’avait pas changé, même si ce n’était plus vraiment le même.
J’imagine qu’il a dû du nous trouver vieillis, avec nos gamines au bout des bras.


Après nous avoir trouvé un taxi (et m’avoir rendue béate d’admiration avec son japonais fluide et parfait !), il a pédalé comme un fou dans les rues de Tokyo, et grâce aux embouteillages, est arrivé avant nous dans Meguro, petit quartier tranquille, aux dimensions nettement plus humaines que celles de Shibuya.
Il faisait si chaud, nos vêtements collaient à nos peaux moites. J’étais heureuse de n’avoir pas eu à pédaler aussi vite que lui.Lorsqu’il nous a fait entrer dans sa toute petite et charmante maison traditionnelle, j’ai soupiré d’aise en sentant l’air climatisé me rafraîchir la nuque.
Je me suis sentie encore plus à mon aise devant le sourire doux et accueillant de son épouse Ayako, et celui de ses beaux-parents venus de Kobé.


Ce fut la meilleure soirée de notre séjour, pleine de sourires, de gentilles attentions. La maman de notre hôte nous régala d’okonomiyaki faits devant nous, sur un petit réchaud. Tout le monde avait l’air si heureux de voir que nous aimions non seulement l’okonomiyaki, mais aussi les sashimi, le wasabi et les coupelles de haricots azukis sucrés. Au fur et à mesure que la soirée passait, que la bière et le saké coulaient à flots, les rires devenaient moins réservés, et le japonais un obstacle de moins en moins important.

Ayako et Arno encore merci mille fois pour votre accueil, pour cette délicieuse et charmante soirée. Vous êtes notre seule référence, et grâce à vous il n’existe pas de familles plus chaleureuses et accueillantes que celles de Meguro, Tokyo ! :-)

Okonomiyaki, comme chez Ayako

Pour la pâte :1 tasse de farine – 2 oeufs – 15 cl de bouillon dashi (ou bouillon de poisson, ou bouillon tout court !) – poivre
Ingrédients à ajouter : on peut en fait y ajouter tout ce qu’on veut (d’où le nom du plat !). La maman d’Ayako y a mis : des lamelles de calamars, de la poitrine de porc fumée finement tranchée, du chou vert émincé finement, des oignons verts émincés.
Condiments à ajouter sur l’ »omelette » : flocons de bonite séchés, poudre de nori (la même algue que celle qui sert à la confection des maki), sauce okonomiyaki ou Tonkatsu (toute prête du type Bulldog Sauce ou faite maison), mayonnaise japonaise (à remplacer par de la mayo allégée allongée avec un peu d’eau, la moins forte en goût possible)

- Mélanger les ingrédients de la pâte, jusqu’à obtenir une pâte lisse, sans grumeaux, pas trop liquide ni trop épaisse.
- Ajouter à cette pâte le chou émincé, le calamar, les oignons verts, et mélanger.
- Faire griller le porc dans une poêle (ou idéalement, un wok de table, que l’on peut avoir devant soi et ses invités).
- Ajouter le porc grillé dans la pâte, mélanger.
- Verser la pâte dans la poêle de manière à former une grosse galette : laisser cuire 5 minutes.

- Retourner la galette très soigneusement, poursuivre la cuisson de l’autre coté.
- Lorsque la galette est bien dorée, servir en coupant des morceaux triangulaires à chaque convive.
- Parsemer des flocons de poisson, de la poudre de nori sur la galette, puis verser la sauce Tonka et la mayo (heu… les Japonais en mettent vraiment beaucoup !)
- Déguster avec les baguettes.

Un régal… Certains disent que l’okonomiyaki est la « pizza » japonaise, d’autres que c’est plutôt une omelette.
Moi je trouve que ça ne ressemble à aucun des deux ! C’est unique :-)
Mes enfants et mon mari ne sont pas fans du poisson séché, moi j’adore ce petit goût qui fait toute la différence. Si vous n’avez pas de poudre de nori, vous pouvez découper des petits morceaux de feuilles à sushi…

Mes ingrédients de gauche à droite : petite bouteille de poudre de nori – mayonnaise japonaise (prenez de la mayo française et rajoutez-y un peu d’eau, c’est parfait et bien moins cher !) – flocons de bonite séchée – sauce à okonomiyaki

Mes flocons de bonite séchés : je les achète en supermarché asiatique. Ils n’ont rien à voir bien entendu avec les magnifiques copeaux râpés directement de beaux morceaux de bonite… Mais ils font l’affaire, donnent le bon goût et frétillent avec allégresse quand on les verses sur les okonomiyaki bien chauds. C’est le principal :)

Merci mille fois, et encore plus que ça, à la maman d’Ayako pour cette délicieuse recette.
Si vous venez en France, vous savez à quelle porte frapper :-)

À propos de Véro

Maman, maîtresse et cuisinière. Ce blog suit mes aventures culinaires depuis 2006. Bordeaux, Java, Nouméa, tout ça dans ma cuisine ! Cuisine du monde, cuisine de grand-mère, cuisine du coeur... Bienvenue !
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