Bounia de l’Île des Pins

Bougna_poulet___cocotte

… Enfin, presque de l’île des Pins…
Le bounia est une spécialité Mélanésienne, à base de légumes du pays (ignames, maniocs, patates douces, bananes, taros), auquels on ajoute dans l’idéal une belle langouste (:-P), ou un poulet, du poisson…
Ce plat est préparé dans un paquet fait de feuilles de bananiers (encore elles), et est cuit à l’étouffée dans un four creusé dans le sol, tapissé de pierres brûlantes.

Ce plat prend un grand temps de préparation (c’est pour ça que si on veut déguster un bon bounia dans un gîte, il faut réserver à l’avance, surtout pour un bounia de langoustes!!! car elles sont pêchées à la demande…).

C’est pourquoi la recette que je vous livre aujourd’hui ne nécessite pas de creuser un énorme trou dans son jardin, ni de dépouiller les arbres de son jardin de toutes leurs branches pour en couvrir le feu… (je pense à vous, sympa, non??)

Recette du fantastique Bounia Marmite, qui est presqu’aussi bon que si on le dégustait au bord de l’eau sous les palmiers…

Pour 4/6 personnes, il vous faut: 2 belles feuilles de bananier, 1 bel igname,1 beau manioc, 1 ou 2 taros, 1 ou 2 patates douces, 2 belles bananes plantains mûres (attention, pas vertes), 1 poulet coupé en morceaux, 1 ou 2 boîtes de lait de coco (les courageux feront leur lait eux-mêmes!), du sel, du poivre,  quelques oignons verts, de la poudre de curry,une tige de citronnelle (ces deux derniers ingrédients sont des rajouts de votre serviteuse).
L_gumes_du_bounia

De gauche à droite: des feuilles de bananier, 1 manioc, 2 patates douces, 1 taro, 1 banane plantain mûre, 1 noix de coco pour le lait… (je vous épargne la photo de la boîte de lait si vous choisissez cette option…;-))

Oui, bien remarqué, je n’ai pas mis d’ignames car il n’y en avait pas…

Tous ces légumes sont à éplucher (prenez un couteau bien costaud, pas un économe de ménagère, car le manioc a le caractère bien trempé des gens des îles… y s’laisse pas faire comme ça!), et à couper en rondelles pas trop fines.

Allons-y à présent pour une recette super fastoche:Bougna_poulet___pr_paration_1
1- Tapisser une cocotte allant au four des feuilles de bananier, en prenant soin de laisser les feuilles bien déborder tout autour pour pouvoir les replier et fermer le bounia.
2- Déposer au fond les légumes les plus durs: manioc, taro, igname, patate douce (dans cet ordre).
3- Déposer les morceaux de poulet, recouverts des rondelles de bananes, de quelques oignons verts, et de la tige de citronnelle.
4- Assaisonner le lait de coco (sel, poivre, curry… ne pas hésiter sur le sel, le lait de coco est fade sinon), puis le verser sur le poulet.
5- Refermer le bounia.
6- Enfourner dans le four préchauffé à 180° et laisser cuire une petite heure.
7- Si besoin au cours de la cuisson, baisser la température (si le lait de coco qui a un peu suinté commence à brûler).

Et voilà!
Bougna_poulet___pr_paration_2 Bougna_poulet___pr_paration_3

Les odeurs qui s’échappent du bounia lorsqu’on l’ouvre sont tout simplement divines…
Le mieux est de servir tel quel, en posant la marmite sur la table, mais on peut évidemment faire une jolie présentation à l’assiette, en découpant délicatement des morceaux de feuilles de bananier pour en tapisser les assiettes.

Bougna_poulet___cocotte_2 ou Bougna_poulet___assiette_2 ?
Grâce à la cuisson à l’étouffée dans les feuilles de bananier, tout ça est merveilleusement onctueux, parfumé et moëlleux…
J’ai servi accompagné de frites de manioc (quelques rondelles gardées de côté, passées 1 minutes à l’eau bouillante, puis frites et bien salées…. Maman, qu’est-ce que c’est bon!!)
Cela donne donc: des légumes doux, imbibés de lait de coco, fondants, des bananes subtilement sucrées, un poulet tendre à souhait, et des frites de manioc croustillantes et bien salées…

6456371LE BONHEUR…. Les îles qui viennent à vous!!
On dit merci qui??
En plus, on trouve de plus en plus facilement tous ces ingrédients en hypermarchés… A part peut-être les feuilles de bananiers… Je pense que cette recette peut se réaliser sans, directement dans la cocotte… Le parfum et la saveur seront légèrement différents, et il faudra bien surveiller la cuisson afin que le lait de coco ne brûle pas, mais le régal sera tout de même au rendez-vous!

Pour celles et ceux qui veulent voir un vrai bounia sortir du four (;-), faites un tour sur mon blog du Caillou.
PS: Celat, si ton Doudou rêve du pays, emmène le faire un tour, et faites comme chez vous!

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BLOG APPETIT #9 – Filets de sardines et tomates cerises confites version Pacifique Sud

 

La dernière édition de Blog Appétit m’avait laissée toute rêveuse… « Aahhh, ohhh », des fraises et des asperges, partout… Enfin, partout chez les autres, car je ne me sentais pas de taille…
Cette édition, je me lance, surtout qu’avec les kilos de tomates que mon voisin m’a donnés, il y avait une petite voix en moi qui disait « Eh ben, il te manque plus que les sardines… ».
Alors ni une ni deux, j’ai décidé de me mettre au boulot (tiens, ça me changera…) et d’envoyer Doudou m’acheter une douzaine de sardines.
Oui mais voilà, mon Doudou d’amour, tout novice qu’il est en demande de sardines à la poissonière, me les a ramenées, sourire aux lèvres et très fier d’avoir participé au concours, lui aussi…

« Mais, mais… Mais Doudou!!! Tu lui as pas demandé de les vider???!!! » (Vous avez senti la panique dans ma voix? C’est normal…)
« Mais… Elle aurait pu me le proposer quand même! »
Mon cher Doudou, tout naïf, qui croit que la gentille dame va lui proposer de vider ses sardines alors qu’il y a une queue de 203 mètres devant son étal…
« Ben c’est simple, c’est toi qui t’y colles! » (Oui, la honte sur moi, mais c’est ce que j’ai dit…)
Et il l’a fait…


Mais bien sûr, j’ai été obligée de repasser derrière, en éloignant le plus possible les bestioles de mon nez, et en fermant à moitié les yeux (encore une fois, je m’avère être la honte de mon île natale… les vraies filles des îles ne font pas tant de chichis avec les poissons…).
Et, en essayant de retirer quelques arêtes, quelle ne fut pas ma surprise! Toute l’arête centrale, accompagnée de ses filoutes de copines gratouilleuses de gorge, m’est restée dans les doigts! Et je me suis retrouvée avec à la main une arête digne des meilleurs cartoons! (vous savez, quand le chat a un squelette de poisson qui lui sort de la bouche alors qu’il dit « Un poisson? Quel poisson? J’ai pas mangé de poisson… »)
Et voilà comment j’ai découvert que je savais lever les filets de la sardine!
Ni une ni deux, j’ai mis mes filets à mariner, et j’ai farfouillé dans mes placards et mon frigo pour savoir à quelle sauce j’allais les manger.

Et j’ai trouvé: du lait de coco, de la coriandre fraîche, les petites tomates cerises de mon voisin, du gingembre, ail/oignon, du citron vert, et des feuilles de bananier.
Les feuilles de bananiers, j’avoue, c’est pas souvent que j’en ai dans mon frigo, mais depuis mon retour du Caillou, je m’obstine à tout faire « Comme là-bas, dis! ». En l’occurence, ça tombait fort bien!

Filets de sardines aux tomates cerises confites en papillotes de feuilles de bananier.
- Faire mariner les filets de sardines dans du jus de citron vert, 1 càs d’huile, un tour de moulin de poivre 5 baies.
- Découper les tomates cerises en deux, les mettre dans un plat alllant au four, les arroser d’1 peu d’huile d’olive. Les mettre dans le four préchauffé à 150°, et les laisser confire doucement (si besoin, baisser la T° pour ne pas qu’elles brûlent.
- Pendant ce temps, faire caraméliser quelques rondelles d’oignons dans une poêle, avec 1 càc d’huile et 2 càc de sucre de canne.
- Etaler des feuilles de bananiers sur votre plan de travail (pour les assouplir un peu, les passer quelques secondes sur une flamme assez vive… les odeurs du Pacifique sont déjà dans votre cuisine…)
- Essuyer les filets de sardines légèrement, les disposer sur les feuilles de bananiers (on peut refermer les filets, ou les laisser ouverts).
- Déposer dessus: les oignons caramélisés, quelques tomates confites, 1 ou 2 rondelles de citron vert, du gingembre râpé.
- Arroser généreusement de lait de coco.
- Replier la papillote (c’est le moment un peu « Faut pas que j’ménerve« , car la feuille de bananier est un peu susceptible). La fermer à l’aide d’une brochette en bois.


Si on ne s’énerve pas, ça donne un petit paquet bien sympathique, que l’on glisse dans une cocotte allant au four à 200°, pendant environ 10 minutes 1/4 d’heure.

- Au moment de servir, découper le dessus de la papillote avec un couteau bien tranchant et sans dents.
Retirer la rondelle de citron cuite, et la remplacer par une fraîche.
- Parsemer le poisson de coriandre fraîche, et ajouter une lichette de lait de coco (un peu du lait s’est échappé pendant la cuisson, c’est normal et ça n’enlève rien au goût).
- Poser la papillote directement dans l’assiette (elle est si jolie et surtout, on s’est donné tellement de mal …)

Et voilà!
J’ai servi avec du riz gluant (j’adore ça), et bien entendu du piment!
Je n’en ai pas proposé à ma fille aînée (sa meilleure copine dormait à la maison, elles avaient choisi « Penne à la carbonara »!), mais ma cadette a vite flairé les odeurs délicieuses qui s’échappaient de ma cocotte.
« Nan, moi z’veux pas des pâtes, z’veux ça, là… »
Elle s’est léché ses moustaches de p’tit chat, et en a même redemandé!
Quant à Doudou, qui n’aime les sardines que bien grillées au barbecue et recouvertes d’une sauce vinaigre/échalottes, il a eu un sourire de contentement qui disait:
« Après l’effort, le réconfort« .
Autant vous dire que cette recette, messieurs mesdames, c’est bien à lui que vous la devez!! ;-)

Dernière chose: pour ceux qui n’ont pas d’épicerie asiatique à portée de pieds, ou qui n’ont pas du tout envie de se lancer dans l’aventure « feuilles de bananier récalcitrantes », allez, ne faites pas la tête, j’ai pensé à vous!
D’abord, évidemment cette recette doit aussi marcher dans une classique papillote en alu (le goût particulier de la feuille en moins, mais les autres saveurs valent le coup à elles seules!)
On peut d’ailleurs très bien faire une papillote en alu, et simplement glisser dedans une feuille de bananier pour parfumer.

Voici la version « Sans papillote », j’ai simplement fait revenir mes deux derniers filets de sardines marinés à la poêle, en les badigeonnant d’un peu de gingembre. Puis je les ai déposés sur mon riz, et j’ai refait tout pareil: oignons, lait de coco, coriandre fraîche. Il ne manque que les tomates confites (j’en n’avais plus!), et c’est dommage car c’est vraiment meilleur avec!!
Moralité, la prochaine fois, j’en ferai plus… et je les mettrai dans un bocal pour en avoir un petit temps sous la main (elles étaient déjà délicieusement sucrées crues, alors confites, je ne vous dis pas…)

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Légumes du jardin… de mon voisin + SOS courgette spaguetti

Regardez ce que mon adorable voisin m’a donné!!

Les petites tomates cerises sont sucrées, une merveille… Les tomates, courgettes et pomme de terre sont énormes! Et tout ça est du bon légume bio!
Pour les tomates cerises, je gère… ou plutôt, les Louloutes gèrent! En trois coups de cuillères à pot, elles en boulottent la moitié en regardant un dessin animé… J’aime autant ça plutôt que des bonbons pleins de sucre et de cochonneries…

Les grosses courgettes, ok… Les tomates, ben ok évidemment…

Mais le gros truc jaune, là?? « L’adorable voisin » me dit que c’est une courgette-spaguetti, que je dois la faire cuire, puis couper « des fils » comme des spaguettis… (???)
En réfléchissant un peu, il me semble bien que j’ai vu ce truc là un jour, sur le blog de l’une d’entre vous…
D’où l’idée du SOS… Quelqu’un a déjà pratiqué la courgette spaguettis?

Bon, en attendant, voici ce qu’est devenue l’énorme tomate au premier plan dans le saladier…

Oui, je sais, pas de sardine en vue… En tout cas, pour la première fois de ma vie, j’ai fait une salade de tomates pour 4 avec UNE SEULE tomate!! Mes rondelles de mozza ont l’air toutes kiki…

A première vue, on dirait un vilain monstre avec une trompe de moustique et de vils yeux plissés franchement cruels… Mais retournez-la, et elle se transforme en oeuvre d’art, que Matisse aurait pu créer.

Et ça me fait penser que la plupart des enfants sont comme ça. Les pires petits monstres se transforment en petites choses toutes douces et rondes… pour peu qu’on sache les regarder de leur bon côté.

Et ça, ça me fait penser que… c’est bientôt la rentrée…
OH … MY … GOD

Allez, une dernière petite photo, on pourrait presque croire que c’est encore l’été…

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Poulet balinais au chou chine

Et voici une petite recette d’inspiration indonésienne. Oui, comme j’ai la tête encore toute pleine de mon chez moi de l’autre bout du monde, ça va être comme ça un petit bout de temps par ici… Pardon d’avance…

Je disais donc « d’inspiration » parce que j’y ai un peu mis ma patte…
Tout d’abord, les baguettes. J’entends la voix de ma grand-mère « Dji! La fourchette!! C’est bien avec les doigts« . A la javanaise! (mais par contre, chacun son assiette!).
Ensuite, les petits morceaux. Ca, c’est vraiment pas indonésien, plutôt chinois ou thaï…
Enfin, la sauce. Pour ma mémé, quand il y a de la sauce, alors c’est « indian ».
On utilise beaucoup les cacahuètes dans la cuisine indonésienne, que ce soit entières, broyées ou en pâte.
Dans la recette originale (c’était à la base la recette d’une sauce pour brochette), il faut broyer les cacahuètes avec un peu d’huile jusqu’à obtenir une sorte de beurre… J’ai simplifié en utilisant du beurre de cacahuète du commerce (mais du avec des morceaux, hein! pas du smooth…)

Dernière chose, les choux chine. En tout cas, c’est comme ça qu’on les appelle en Calédonie, mais ils sont plus connus sous le nom de « brèdes » ou « pak choî » (les inconditionnelles de Jamie Oliver font tout de suite « Aaah!! d’accooord! »)
Il en existe plusieurs variétés, celles que je connais sont la verte (légèrement sucrée ) et la blanche (plus amère). En général, c’est un légume qui donne tout de même une légère amertume aux plats.
Toujours en général, c’est la verte qu’on trouve dans les épiceries asiatiques, et ça tombe bien!
On mange les feuilles mais aussi la tige, qui est d’ailleurs bien plus intéressante, croquante et sucrée…

Recette donc!

Poulet balinais au chou chine (et à la cacahuète, n’en déplaise à Doudou).
1- Préparer le poulet: couper les escalopes de poulet en morceaux très fins (mon astuce pour faire fin, c’est de couper encore un peu congelé, voire de passer les escalopes quelques temps au freezer si c’est de la viande fraîche).
2- Laver les feuilles de chou chine, les couper en deux dans le sens de la longueur (en prenant soin de couper les tiges en deux), puis les recouper à l’horizontale en laissant tout de même de beaux morceaux.
3- Préparer tout ce qui est nécessaire à la recette: 3 càs de beurre de cacahuètes crunchy, du soyo manis (sinon, de la sauce soyo classique et 2 càs de sucre), une gousse d’ail hâchée, un morceau de gingembre râpé, 1 tige de citronnelle (ou 2 feuilles de combava), 1 grand verre de lait de coco (j’ai utilisé mon lait fait maison, oeuf course, mais comme je l’ai déjà dit, le en boîte c’est pareil!), du sel. Attention, il est important de tout préparer à l’avance, car cuisson au wok = cuisson rapide! (tiens, ça c’est vraiment pas indonésien, en général il faut des heures pour cuire la moindre viande…)
4- Dans la poêle chaude, délayer le beurre de cacahuète dans une bonne rasade de soyo (je dirais environ 2càs). Faire revenir en ajoutant le gingembre, l’ail et la citronnelle.
5- Ajouter le lait de coco, saler légèrement.
6- Ajouter les lamelles de viande, puis le chou chine. Bien mélanger, jusqu’à ce que le poulet soit cuit (soit très vite, pas plus de deux minutes).

Et voilà!
C’est prêt en 5 minutes!
J’adore cette recette! Pour une première, c’était vraiment une réussite, à refaire souvent!
Le chou cuit ainsi reste croquant sous la dent, l’amertume est couverte par la douceur du lait de coco.Le poulet est tendre comme tout, et le goût de la cacahuète est très doux, très suave.
Doudou avait « des a priori » quand je lui ai annoncé « Poulet à la cacahuète »… il m’énerve d’ailleurs quand il me dit des trucs comme ça…!!
« J’avais des a priori… » Comme si j’avais pour habitude de lui servir des trucs pas bons… 12 ans de petits plats et d’inventions culinaires en tout genre pour qu’il me sorte encore:
« A la cacahuète… Mmmm, t’es sûre? »
« Mmmm, à la cacahuète, oui, j’suis sûre, et change de mine tout de suite parce que je te le met dans la gu…, mon poulet! »
Enfin bref… Tout ça pour dire qu’il s’est régalé (comme d’habitude, j’ai envie de dire! …M’éneerve!!).
Les louloutes aussi d’ailleurs, et elles ont même clamé:
« Mmm! super bon le chou, là! ».
Miracle du lait de coco, car le soir, re-recette avec du chou, mais sans sauce et là…
« Ah… j’aime pas trop le chou, là... ».
;-)

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Ustensile étrange et conséquences: mon Poé Tahitien

Laissez-moi tout d’abord vous présenter l’une des premières choses que j’ai achetées en arrivant en Calédonie…
Mon plan originel était de piquer celle de ma mémé, mais pas moyen de la lui piquer discrètement, elle s’en sert trop souvent! Damned… Direction centre ville, mais surtout pas les belles boutiques design pour cuistot branché… Je mets le cap sur Chinatown et ses boutiques fourre-tout… Il faut en faire plusieurs, je ne trouve pas tout de suite, je m’énerve, je commence à jurer avec les mots de là-bas (« Lôngin de lôngin, awa cé pa possib’!« ) Et tout à coup, ça y est… Bingo!! Elle est là!

Inutile de vous dire qu’elle m’a causé quelques petits soucis à l’aéroport…
« Mais qu’est-ce qu’elle a donc dans ces valises, cette souillon? (oui, au retour c’est encore moins bien rangé qu’à l’aller). Elle a pas une tête de terroriste! Bon sang de bois, mais c’est un instrument de torture ou quoi?? Qu’est qu’on fait, on appelle le chef?? »
Messieurs les douaniers du monde entier, nul besoin d’appeler Interpol, parfois les filles qui ramènent des choses à dents pointues dans leurs valises ne sont que des cuisinières à qui il manquait vraiment…
UNE RÂPE à COCO!!
Ben oui, z’avez déjà essayé de râper une coco ronde avec une râpe plate, vous??

Bon, alors ça marche comme ça:

On s’asseoit sur le manche, on casse la coco en deux (important, ça, faut pas oublier! ;-) ) et c’est parti!
(Le premier qui rigole parce que j’ai gardé mes chaussettes avec mes claquettes sort tout de suite!! Mince, c’était l’hiver, à Nouméa…)


Et voilà! Avec un effort minime, des bouts de doigts intacts et aucun bout de peau brune dans le saladier, voilà le résultat!

Miam… Avec ça, on peut se pamoiser d’aise en accomodant de toutes les manières imaginables (ou ne pas se pamoiser d’aise si on s’appelle Mamina ou Alhya! ;-)
Mais on peut aussi se confectionner soit même un lait de coco du tonnerre!
Etapes fastoches à suivre:
1- Mouiller la coco râpée avec de l’eau chaude.
2- Laisser trempouiller un peu.
3- Presser la coco et récupérer le lait.
Les mélanésiennes qui font leur lait pour le bounia ne s’embêtent pas et pressent tout ça au dessus du plat, sans se soucier des petits morceaux qui tombent, mais si on veut un lait sans morceaux du tout, voilà une manière facile de procéder:

1-Tapisser un saladier d’un torchon fin bien propre.
2- Verser la coco imbibée d’eau chaude.
3- relever les coins du torchon et bien presser pour extraire tout le lait.

Si vous vous demandez quelle quantité d’eau mettre exactement, et bien en fait le mieux est de commencer avec peu d’eau (un grand verre pour une demi-coco), et d’en rajouter un peu au fur et à mesure, jusqu’à ce que le lait ne soit plus très blanc, mais légèrement translucide.

Et voilà le résultat!
Miam…
PS: lorsqu’on presse très fort la coco dans le torchon, on extrait une sorte de crème très épaisse et très grasse (oui, quand on fait son lait soi-même, on se rend compte que le lait de coco, c’est gras, c’est très gras!!)… On peut la garder, en refroidissant elle se solidifie et devient une sorte de beurre… Et hop! une lichette sur les lèvres pour faire comme les vahinés!
PS 2: si on laisse « reposer » un peu, une crème assez épaisse remonte à la surface: c’est ça qu’on appelle la crème de coco, nécessaire dans certaines recettes (moi j’utilise toujours le lait en entier…)

Bon, c’est pas tout, mais il est l’heure de la recette, et je commencerai par une recette tahitienne dont les calédoniens sont très friands (…a jamais mis les pieds à Tahiti, en fait…), et que je promets à Persillade depuis des mois… (et qui devrait convenir à Belleblé aussi!)

Recette du Poé tahitien à la papaye
1- Evider puis éplucher une belle papaye bien mûre.
2- La couper en dés, et la faire cuire avec une lichette de sucre et une larme d’eau. Il faut qu’elle commence à « compoter » un peu.
3- Lorsque la papaye est cuite, ajouter de la farine de manioc (deux fois moins que de fruits), 3 càs de sucre de canne, bien mélanger en écrasant les morceaux de fruits qui pourraient rester.
4- Ajouter une goutte de rhum (vieux agricole de Martinique, c’est le top) et les graines d’1/2 gousse de vanille.
5- Mettre cette purée dans un plat beurré (ou huilé) allant au four (on peut si on le souhaite parsemer des petits morceaux de beurre dessus).
6- Faire cuire à 180° pendant au moins 15-20minutes.
7- Lorsque le poé est cuit, on peut soit le verser cuillère par cuillère dans un bol de lait de coco, soit verser directement le lait dans le plat (c’est l’option que j’ai choisie).
Et voilà! déguster bien chaud!

Le poé se conserve bien 1 jour ou 2 au réfrigérateur, recouvert d’alu ou de cello. On peut le réchauffer quelques secondes au micro-ondes. Les tahitiens le mangent comme dessert mais aussi comme accompagnement avec tous les plats, dont la salade tahitienne.

J’ai fait cette version à la papaye car c’est la version traditionnelle, mais à vrai dire je ne raffole pas de la papaye! (ben alors, c’est quoi cette fille des îles??). On peut aussi faire cette recette avec de la banane (délicieuzissime, mais sucrer un peu moins!), ou avec de la citrouille (ma version préférée!).
Evidemment, on n’est pas obligé de faire son lait soi même!! Le lait de coco de cuisine en boîte est parfait!! (qui a fait « ouff!! »??)

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Tout macaron à l’Atelier des chefs – Bordeaux 05 juillet 06

Bon, allez, aujourd’hui séance rattrapage…
Le mercredi 05 juillet j’ai assisté à l’atelier sur les macarons à l’Atelier des chefs à Bordeaux. Totalement inconsciente, je croyais alors que cela me prendrait 3 minutes et 1/2 pour préparer la valise que j’emmènerai pendant mon séjour d’un mois à l’autre bout du monde. (:-s).
Je sais aujourd’hui que finalement, ma gourmandise m’a valu stress, disputes conjugales, et des valises faites n’importe comment. Je me suis toujours dit que les douaniers qui vérifient le contenu des valises à l’écran doivent parfaitement reconnaître les mono-maniaques (« Tiens! Celui là il a plié ses chemises en faisant des angles de 45° entre le col et le coude! »), et les franchement bordéliques (« Tiens? Mais pourquoi elle a plié toutes ses affaires en boules, celle-ci? »). Douaniers du monde entier, je me fais l’avocate de ces dernières pour vous dire que non, elles ne sont pas forcément de rebutantes souillons, parfois elles ont tout simplement assisté à un cours sur les macarons!
Et donc, je m’octroyai joyeusement 2 heures avec le chef Frédéric Schuller à confectionner des gourmandises!

Tout d’abord parlons de l’accueil: le magasin est très agréable, bourré de petits ustensiles dont, tout de suite, je sens que je ne pourrai  plus me passer (alors que je faisais très bien sans jusqu’à présent!). Les vendeuses sont très aimables, et le chef (le déjà cité Frédéric Schuller) est adorable. Point positif pour les mamans: si vous avez une tuile de dernière minute, personne ne fait la tronche si vous ramenez une de vos marmailles (je le sais car une dame s’est pointée avec son fiston, et il a même pu casser un oeuf). Point négatif pour les mamans: quand enfin vous réussissez à caser vos mômes pour assister tranquille à un atelier de cuisine entre adultes (TROIS MOIS depuis que vous avez pu faire une activité seule, sans avoir de nez à moucher, de goûter à donner, de pipi à faire faire…), une autre peut se pointer avec sa marmaille (je le sais car une dame s’est pointée avec son fiston, et il m’a cassé les pieds !!!). Passons, cela n’est que secondaire.
Je me rappelle fortement avoir pris des photos de la (très belle) cuisine (moderne, design et impec, ELLE), ainsi que du sympathique chef, mais aujourd’hui je ne me rappelle fortement pas où j’ai bien pu les caser… Pour les photos de l’endroit, vous en trouverez donc chez Audrey.

Venons en au vif du sujet: au programme, macarons au caramel salé, à la framboise, au chocolat et à la vanille.

Le résultat, le voilà:

Des gourmandises croustillantes à l’extérieure, fondantes à l’intérieures, plutot réussies… Mes Louloutes, Doudou et mes collègues le lendemain à la pause-café les ont trouvés délicieux… Vous sentez comme une réserve?
Ben oui, effectivement il y a une (petite) réserve.

Les biscuits étaient bons, avec une fine pellicule croustillante, un intérieur aérien et fondant (mais certains étaient tout creux, la faute à  la température du four, selon le chef).
Les garnitures par contre ne m’ont pas trop satisfaite. Ceux à la vanille était fourrés de crème anglaise (??? qui a déjà mangé des macarons à la crème anglaise??). La garniture framboise était préparée avec un très prometteur poivre long d’Indonésie, mais en vérité on ne sentait pas le goût du poivre. Mon préféré était celui au caramel au beurre salé, même si là encore, il me semble que la texture pourrait être améliorée (pour être plus crémeuse et avoir un côté moins caramel collant…)

Bon, je vous livre les recettes que l’atelier m’a faites parvenir peu après le cours (ça, c’est un bon point, pas la peine de noter fièvreusement tous les ingrédients, on vous envoie tout ce qu’il faut sur la boîte email.) Pour les autres garnitures, je vais plutôt aller faire un tour chez Mercotte, et noter les siennes!

Macaron au caramel 1/2 sel
Pour les macarons :
350 grs de sucre glace,
250 grs de poudre d’amande,
215 grs de blancs d’oeuf,
10 g poudre blancs secs (facultatif)
150 grs de sucre,

caramel : 140g crème liquide
200g sucre semoule
50 g beurre 1/2 sel

Pour les macarons :

Avec un robot coupe, réduire le sucre glace et la poudre d’amande en poudre très fine, tamiser.

Monter les blancs en neige et les blancs secs, les serrer avec le sucre, incorporer à la maryse le sucre et la poudre d’amande.

A l’aide d’un corne en plastique « macaroniser » la préparation, (on rabat délicatement la préparation sur elle même en prenant l’ensemble de la masse, l’appareil doit devenir moelleux et brillant et réaliser un ruban.

Avec une poche à douille, dresser les macarons sur un tapis de cuisson.

Laisser les macarons croûter 15 minutes à température ambiante puis cuire 10 à 15 minutes dans un four à 160°C.

Pour le caramel 1/2 sel : Faire fondre le sucre semoule dans une pôele anti dérapante jusqu’à coloration caramel blond.
Ajouter la crème bouillie sur le sucre puis le beurre 1/2 sel. Laisser refroidir et farcir les macarons.

Voilà!

C’était pas du Ladurée ou du Baillardran (Audrey, après avoir fait des tests comparatif avant les vacances, je pense vraiment que ceux de Baillardran sont meilleurs que ceux d’Antoine!) Pas mal, oui, mais… En tout cas je ne pense pas que je me serais lancée sans ça, donc pas de regrets.
Juste une remarque, j’avais lu (chez Mercotte je pense) que les blancs en neige devaient être assez peu battus, jusqu’à faire une sorte de « bec » lorsqu’on enlève le fouet. Là, point de bec, mais des blancs battus à mort, bien serrés. Je pense que je vais essayer le coup du bec, il m’a semblé que les macarons de l’atelier étaient un peu trop « mousseux ».

Je relis mon post et je me mets dans la peau du (encore une fois très sympathique et talentueux) chef: « Non mais pour qui elle se prend, cette bloggueuse à 2euros 50?? »
Ben quoi??

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L’atelier des Chefs
25 rue Judaîque – 33000 Bordeaux
T. : 05 56 00 72 70

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Korma vert d’agneau

Allez, je pète la forme aujourd’hui (j’ai cru voir un bout de soleil derrière un gros nuage…), encore un peu de rattrapage (sinon je vais être trop à la bourre, avant même la rentrée, c’est pas bon…)

Rappellez vous… Suite à mon lumbago dû à l’English breakfast avec mes schtroumphs, j’ai du rester un certain temps dans mon canapé, avec un coussin calé et une boîte d’anti-inflammatoire à portée de main.
Et chez moi, qui dit station prolongée et forcée dans le canapé dit…
« Bollywood! » mais c’est bien sûr! Vous commencez à bien me connaître!!

On aurait dit que ça tombait bien, figurez-vous que je venais justement d’agrandir ma collection de DVD from India!
 » Tu l’aurais pas fait exprès, par hasard, de te faire mal au dos?? (regard suspicieux de Doudou)
- Qu’est-ce que c’est que cette question?? Tu plaisantes ou quoi? » (J’ai gémi un peu pour montrer que je souffrais et qu’il était très méchant. Puis j’ai appuyé sur play!)

Et comme à chaque fois que je regarde un Bollywood, même un super triste (et celui là était vraiment top du sadique!), j’ai eu envie d’un bon curry! Et franchement, quand je dis « un bon curry », celui-ci était vraiment top!
Ca ne se voit pas trop sur la photo, mais il était vraiment vert, ce qui était assez sympa, pour changer…

Délicieux Korma vert d’agneau à la noix de coco.
- 1/2 tasse de noix de cajou et amandes mélangées (non salées).
- 2 oignons émincés.
- Une grosse poignée de coriandre fraîche, et une de menthe.
- 1/2 tasse de coco râpée
- 600g d’agneau dégraissé coupé en morceaux
- 2 feuilles de laurier
- 3 cardamones vertes
- 1 petit bâton de cannelle
- 3 gousses d’ail hâchées
- 1 beau morceau de gingembre râpé
- 1 bonne càc de coriandre, cumin en poudre
- 1 càc de sucre
- jus d’1/2 citron vert
- 25 ml de crème
- 1 éclat de macis, ou 1 càc de macis en poudre (facultatif)

- Faire revenir les oignons dans une poêle avec un peu d’huile jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et croustillants.
- Lorsqu’ils sont prêts, les mettre dans un blender avec les amandes, les noix de cajou, la menthe et la coriandre fraîche, la noix de coco et réduire en purée en ajoutant une petite tasse d’eau.


- Dans la poêle des oignons, faire chauffer 2 càs d’huile et y faire revenir les feuilles de laurier, la cardamone, la cannelle, l’ail et le gingembre. Ajouter l’agneau, et le faire dorer 5 minutes.
- Ajouter les poudres de coriandre et cumin, et faire sauter le tout en remuant pour empêcher la viande d’attacher.
- Ajouter la purée d’herbes et faire revenir encore 2 minutes.
- Assaisonner avec sel, poivre, sucre et jus de citron vert, puis mouiller avec un petit verre d’eau.
- Quand l’agneau est cuit, verser la crème et bien mélanger.
- Juste avant de servir, on peut rajouter le macis: faire chauffer une louche avec un peu d’huile ou de beurre et y mettre l’éclat de macis. Laisser rôtir 20 secondes, retirer l’éclat  puis verser l’huile parfumée sur la viande (si on utilise de la poudre de macis, on verse tout).

Et voilà! Servir avec un bon riz basmati, ou des naans!

Hmmm, un vrai délice, onctueux, doux et parfumé… Quand mes filles auront déserté la cantine familiale (soit, j’espère, pas avant une bonne quinzaine d’années, quand même…), j’y rajouterai 2 ou 3 piments verts… Mais pour l’instant, on se la fait soft, surtout que les morpionnes se sont régalées avec ce petit plat!

PS: Pour les curieux et les amateurs de Bollywood, le film le plus triste de l’année (voire de la décennie à mon avis…) responsable d’une Véro arc-boutée sur sa cuisinière, une main crispée sur la cuillère en bois et l’autre massant douloureusement ses lombaires, c’est New-York Masala, avec mon irrésistible Shah-Rukh!! (oui, je sais, je deviens prévisible, mais je l’A-DO-RE!).


Rien que le titre, une merveille non? Et pour ceux que les chants haut-perchés en Hindi rebutent, et bien là, point! Les chansons sont américanisées et les personnages définitivement à la mode occidentale. Un peu décevant pour moi qui aime tant les saris pleins de perles, les danses fantastiques, les chansons auxquelles je ne comprends goutte…  mais l’histoire m’a vraiment mise dans un état pas possible!…
Pire que Devdas!!
Ben là, au moins, vous pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu(e)s…

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